La véritable question n'est pas de savoir quelle entreprise, quel État ou quelle organisation remportera la course à l'intelligence artificielle.
La question est de savoir si cette course sera suffisamment juste, transparente et maîtrisée pour produire un bénéfice collectif durable.
Pour ERI, toute technologie qui modifie profondément l'équilibre des sociétés doit être évaluée non seulement sur ses performances, mais aussi sur sa capacité à renforcer ou
affaiblir la confiance, la légitimité et la sécurité collective. Car il existe un lien direct entre justice et efficience.
Un système perçu comme juste renforce la confiance:
La confiance favorise l'adhésion et la coopération, La coopération quant à elle améliore l'efficience, et l'efficience durable renforce la sécurité.
À l'inverse, lorsqu'une compétition pousse les acteurs à abandonner leurs principes pour conserver un avantage stratégique, elle crée progressivement les conditions de sa propre vulnérabilité.
Quand gagner peut conduire à perdre.
L'histoire démontre que certaines formes de compétition produisent des bénéfices à court terme tout en générant des risques à long terme pour l'ensemble des acteurs.
Dans le domaine de l'IA, la pression concurrentielle peut conduire des entreprises, des gouvernements ou des organisations à accélérer le développement de systèmes toujours plus puissants sans
que leur maîtrise, leur transparence ou leur impact sociétal ne progressent au même rythme.
Cette logique du « Ne pas être dépassé » peut progressivement remplacer celle du « Faire ce qui est juste ». Or une victoire obtenue au prix d'une perte de contrôle n'est
pas une victoire durable.
À terme, chacun peut devenir vulnérable aux conséquences du système qu'il contribue lui-même à accélérer.
Le véritable risque : La concentration de la puissance / Domination.
L'IA représente aujourd'hui un formidable levier de puissance:
Puissance économique - Puissance informationnelle - Puissance politique - Puissance militaire.
Cette réalité crée naturellement une compétition entre États, entreprises et acteurs privés cherchant à obtenir un avantage décisif. Mais lorsqu'une capacité aussi stratégique se concentre entre
les mains d'un nombre limité d'acteurs, un déséquilibre apparaît. L'enjeu n'est alors plus seulement technologique.
Il devient démocratique, économique et sécuritaire.
Pour ERI, la question centrale n'est pas de savoir qui possède l'IA la plus performante.
La question est de savoir qui contrôle les mécanismes de décision, de surveillance, d'audit et de responsabilité associés à cette puissance.
La régulation n'est pas l'opposé du progrès
Le débat oppose souvent deux visions : Accélérer ou Ralentir.
Pourtant, cette opposition est trompeuse. L'enjeu n'est pas de freiner le progrès.
L'enjeu est d'augmenter notre capacité collective à le maîtriser. Chaque gain de puissance technologique devrait s'accompagner d'un gain équivalent en matière de compréhension, de contrôle,
de transparence et de responsabilité. Une technologie qui progresse plus vite que notre capacité à la gouverner finit par produire de nouvelles vulnérabilités.
La régulation ne doit donc pas être comprise comme une limitation de la performance. Elle constitue au contraire, une condition de sa durabilité.
La vulnérabilité la plus importante reste humaine
L'intelligence artificielle apprend à partir des comportements humains.
Elle observe, elle imite, elle influence, elle adapte son discours, elle personnalise ses interactions, elle peut déjà modifier des perceptions, influencer des décisions et créer des formes
d'attachement.
Le premier enjeu n'est donc pas uniquement la machine. Le premier enjeu demeure l'humain.
Une société qui ne comprend pas les mécanismes d'influence auxquels elle est exposée devient vulnérable, même lorsque les systèmes techniques fonctionnent correctement.
La sécurité de l'IA ne repose donc pas uniquement sur le code ou les algorithmes.
Elle repose également sur la capacité des citoyens à comprendre, questionner et exercer leur libre arbitre.
Une gouvernance mondiale au service de l'intérêt général
Comme pour d'autres technologies à fort impact, aucune nation ne pourra durablement garantir seule la maîtrise de l'intelligence artificielle. Les risques sont mondiaux et les opportunités
le sont également.
L'objectif ne devrait pas être de permettre à certains acteurs de définir seuls les règles du futur.
L'objectif devrait être de construire un cadre où chaque acteur concerné dispose d'une place légitime dans la réflexion.
États - Entreprises - Chercheurs - Experts - Société civile - Citoyens
La gouvernance de l'IA ne peut être durable que si elle repose sur une représentation équilibrée des intérêts et des responsabilités. L'égalité d'accès et de protection comme principe
fondateur.
La question n'est pas de réguler davantage pour certains et moins pour d'autres, la question est de garantir à tous, les mêmes droits fondamentaux :
-
Le droit à la transparence , à l'information , à la protection et à l'accès aux bénéfices de l'innovation.
Comme tout produit ayant un impact sur la société, les systèmes d'IA devraient être évalués selon des critères compréhensibles, vérifiables et accessibles.
Les risques - Les finalités - Les résultats - Les responsabilités -
La confiance se construit par la transparence.
La position ERI
Certaines nations devront accélérer afin de réduire les inégalités technologiques qui les séparent des acteurs dominants. D'autres devront accepter de tempérer leur avance afin de préserver
la stabilité globale du système.
Pour ERI, la question fondamentale n'est pas de savoir qui dominera l'intelligence artificielle, la question est de savoir comment empêcher que cette domination devienne la
finalité du système.
Une IA au service de l'intérêt général doit rester un outil d'émancipation, de sécurité et de progrès partagé, car lorsqu'une technologie est pensée pour tous, elle devient plus légitime.
Lorsqu'elle est plus légitime, elle devient plus efficiente. Et lorsqu'elle est plus efficiente, elle contribue durablement à la sécurité collective.
Pour ERI, la justice n'est pas un frein à la performance.
Elle est la condition qui permet à la performance de demeurer bénéfique, stable et durable pour tous.